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L’ONU reconnaît qu’elle ne peut pas aider les civils afghans sans travailler avec les autorités talibanes.

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Ils disent se sentir « incompris » et se plaignent que les reportages sur la situation ne reflètent pas la réalité telle qu’ils la voient.

Paris :, 2 Mar. (Cinktank.com) –

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Afghanistan, Deborah Lyons, a reconnu mercredi que l’agence ne peut pas « véritablement » aider les civils afghans sans travailler avec les autorités talibanes.

Dans une allocution devant le Conseil de sécurité des Nations unies, M. Lyons a noté qu’au cours des derniers mois, l’aide fournie par les agences humanitaires des Nations unies a atteint près de 20 millions de personnes dans le besoin dans l’écrasante majorité des districts du pays.

« Toutefois, fournir une assistance à court terme ne revient pas à donner de l’espoir ou à préparer une base solide » pour que les Afghans puissent atteindre « l’autosuffisance », a déclaré M. Lyons, qui a appelé au « réalisme », notant qu’il est « impératif » que la situation d’il y a six mois ne puisse pas se répéter dans six mois. « Des millions d’Afghans sont confrontés à un nouvel hiver de faim », a-t-il déclaré, avant de déplorer que « le seul outil » dont dispose l’ONU soit une aide humanitaire « coûteuse et non durable ».

M. Lyons, qui a mis l’accent sur la nécessité de s’attaquer « de toute urgence » à l’économie de l’Afghanistan, a souligné que, « bien que cela puisse être difficile à accepter pour certains », il est « essentiel » de travailler avec les autorités talibanes afin d’aider réellement le peuple afghan. À cet égard, il a appelé à reconnaître qu' »il existe toujours une méfiance persistante entre les talibans et une grande partie de la communauté internationale ».

« Les talibans se sentent incompris et se plaignent que nos rapports ne reflètent pas la réalité telle qu’ils la voient », a-t-il déclaré, expliquant que les nouvelles autorités afghanes lui disent que l’ONU « sous-estime leurs réalisations » et « exagère les problèmes ». « Des problèmes qu’ils reconnaissent et qu’ils prétendent essayer de résoudre.

Parmi les « réalisations » des Talibans, M. Lyons a souligné « la sécurité qui prévaut en Afghanistan », comme la « diminution de 78 % du nombre de victimes civiles », et « les progrès réalisés sur le plan économique, notamment des recettes importantes malgré la baisse de l’activité économique, la réduction de la corruption et un budget qui ne nécessite pas de ressources des donateurs ».

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« Ils se plaignent que ces réalisations positives sont sapées par une guerre économique non déclarée contre eux par la communauté internationale, qui a grandement affecté et entraîné l’étranglement de l’économie et ils savent qu’ils exacerbent également les souffrances de la population », a déclaré le représentant de l’ONU.

Dans ce contexte, elle a déploré que « ce choc des perspectives constitue la base d’un fossé, d’un abîme et d’une méfiance graves qu’il convient de combler » et a assuré que telle a été la tâche de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) au cours des six derniers mois, tout en exprimant son « espoir » d’obtenir le mandat de continuer à combler « cet abîme » pour le « mieux-être de tous les Afghans ».

Toutefois, M. Lyons a fait remarquer qu’en tant que MANUA, elle doit continuer à rendre compte de ce qu’elle voit, même si elle continue à « construire » une « compréhension et une relation de travail avec les autorités de facto ». À cet égard, il a mentionné les restrictions aux droits fondamentaux des femmes et des filles, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, les détentions arbitraires, le respect des minorités et les libertés de réunion et d’expression.

Se référant au rôle de la MANUA, le représentant de l’ONU a également noté qu’elle a été en mesure d’aborder « de nombreuses questions » précisément grâce à « un engagement et une coopération constructifs avec les autorités « de facto » », mais a affirmé qu’en tant que mission politique, elle peut faire « beaucoup plus pour travailler avec les talibans « sur les principaux problèmes auxquels la société afghane est confrontée ».

Lyons a développé le rôle de la MANUA en tant que mission politique, expliquant qu’il  » implique un objectif politique « . « L’objectif ultime est de voir l’Afghanistan, l’un des membres originels des Nations unies, rejoindre l’organisation en tant que membre à part entière, bénéficier des ressources de la communauté internationale et contribuer au débat mondial sur les questions d’intérêt commun », a-t-il poursuivi.

« Naturellement, travailler avec l’autorité ‘de facto’ ne signifie pas approuver tout ce qu’elle fait », a-t-il déclaré, mais il a indiqué que cela donnerait à la communauté internationale « l’occasion de forger un avenir pour le peuple afghan » qui soit « exempt de conflit » et « où il puisse poursuivre pacifiquement la recherche de la prospérité, de la participation et du respect de ses droits ».

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MANDAT D’UN AN POUR UNE SITUATION « INCERTAINE ».

Étant donné que le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déjà indiqué que la situation en Afghanistan était « incertaine », M. Lyons a fait référence à la proposition de prolonger le mandat de la MANUA d’un an – la dernière prolongation, de six mois, a été approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU en septembre.

Selon le représentant de la MANUA en Afghanistan, le mandat permettra « d’évaluer les résultats d’un engagement politique soutenu » et « d’envoyer un signal de la communauté internationale au peuple afghan pour lui dire qu’il n’a pas été oublié » et aux Talibans « que le monde ne veut pas d’un futur conflit en Afghanistan, mais qu’ils devront reconnaître les normes de citoyenneté mondiale pour être acceptés par la communauté internationale ».

Avec une MANUA « bien équipée et dotée de moyens », l’agenda « en vaudra la peine ». Outre la crise économique, M. Lyons a fait allusion à la nécessité de « travailler avec les autorités de facto pour garantir une éducation solide, vitale et de haut niveau pour tous les enfants » et de « continuer à soutenir le respect des droits de l’homme internationalement reconnus ».

En outre, il a mentionné l’engagement d’un débat sur l’inclusion politique afin de s’assurer que les préoccupations de tous les Afghans « dans leur riche diversité » soient reflétées dans la prise de décision et de soutenir un « dialogue politique structuré » pour appuyer le processus d’obtention d’une légitimité interne répondant aux préoccupations « clés » du Conseil de sécurité, telles que la lutte contre les stupéfiants ou le terrorisme.

M. Lyons a donc exhorté le Conseil de sécurité à prendre une décision et a souligné que les délibérations et les décisions sur le mandat au cours des deux prochaines semaines « ont des conséquences immenses ». « Elles résonneront dans toute la région et dans le monde, mais, plus important encore, elles seront ressenties par tout le peuple afghan », a-t-il déclaré, avant d’implorer les membres de donner à la MANUA « le mandat fort et robuste qui sera nécessaire ». « Sans elle, je crains pour l’avenir », a-t-il répété.

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