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Les armes nucléaires, un bras de fer aux échos de la guerre froide

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Manifestation à New York en soutien à l'Ukraine


Manifestation de soutien à l’Ukraine à New York.

Live : Crise en Ukraine

Les États-Unis et la Russie ont maintenu près de 2 000 armes en alerte opérationnelle élevée en 2021.

Paris, 2 Mar. (Cinktank.com) –

La décision du président russe Vladimir Poutine de mettre les forces de dissuasion nucléaire en état d’alerte a ramené sur la scène politique internationale un type d’armement qui était considéré comme tabou. Après la guerre froide, les puissances ont opté pour un désarmement progressif, même si la Russie et les États-Unis ont encore dans leurs arsenaux les héritages d’une stratégie militaire qui concevait d’anéantir l’ennemi à tout prix.

Les armes nucléaires n’ont été utilisées en guerre qu’à deux occasions, toutes deux par les forces américaines. Les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki et leurs dizaines de milliers de morts ont conduit la scène post-conflit à repenser les lignes rouges à fixer en cas de confrontation armée.

La première résolution adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1946 a créé une commission chargée de traiter les éventuels effets collatéraux de l’énergie atomique. Dès lors, la communauté internationale a œuvré en faveur d’engagements concrets dont les grandes puissances se sont toutefois toujours méfiées.

Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est la pierre angulaire de ces efforts mondiaux : il est entré en vigueur en 1970 et a été signé par 191 pays, dont les États-Unis et la Russie. D’autres textes ont également été adoptés, comme le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TNP), entré en vigueur il y a un peu plus d’un an et considéré comme le premier instrument de droit international humanitaire visant à atténuer les conséquences humanitaires catastrophiques de l’utilisation et des essais d’armes atomiques.

Les Nations unies estiment que plus de 2 000 essais nucléaires ont été effectués et ont toujours insisté pour que ces armes restent en dehors de toute compétition politique. En janvier de cette année, en effet, les principales puissances nucléaires – les États-Unis, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni et la France – ont signé un communiqué sans précédent pour souligner que les guerres nucléaires « ne peuvent être gagnées et ne doivent pas être menées ».

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DÉSARMEMENT LENT

Le désarmement international a progressé au milieu de la géopolitique, le va-et-vient étant principalement marqué par les relations et les suspicions entre les États-Unis et la Russie. Il n’est pas surprenant que les anciens rivaux du temps de guerre détiennent toujours la part du lion de la capacité mondiale d’armement atomique.

L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) estime que les neuf pays qui possèdent – ou du moins sont soupçonnés de posséder – des armes nucléaires sont au nombre de plus de 13 000, soit une légère baisse par rapport aux chiffres de 2020.

Toutefois, la tendance s’inverse si l’on ne prend en compte que les armes déployées dans les forces opérationnelles, puisqu’en 2021, elles ont légèrement augmenté, pour atteindre plus de 3 800. Parmi elles, quelque 2 000 – pratiquement toutes en Russie et aux États-Unis – sont restées dans ce que l’on appelle un statut d’alerte opérationnelle élevée, c’est-à-dire plus facilement déployables en cas d’appel.

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Dans le cas de la Russie, le SIPRI note qu’elle a augmenté son arsenal nucléaire global de quelque 180 ogives, principalement en déployant davantage de missiles balistiques intercontinentaux terrestres à ogives multiples (ICBM) et de missiles balistiques lancés par sous-marin (SLBM).

L’institut suédois a précisé que, malgré ces chiffres, les forces atomiques stratégiques déployées par les deux grandes puissances restent dans le cadre du Traité de réduction des armes stratégiques (New START), signé en 2010 par Barack Obama et Dmitri Medvedev, qui étaient alors respectivement présidents des États-Unis et de la Russie.

L’actuel occupant de la Maison Blanche, Joe Biden, a admis que la dernière mesure prise par Poutine en pleine offensive militaire en Ukraine est « dangereuse », mais pas définitive. À cet égard, il a souligné cette semaine que, pour l’instant, il n’y a pas de menace perçue de nature nucléaire et que son gouvernement a opté pour la vigilance sans relever le niveau d’alerte.

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