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Le CICR rappelle que l’accès à l’eau est une question de survie pour des millions de personnes dans les zones de conflit.

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Paris :, 21 Mar. (Cinktank.com) –

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a averti lundi que l’accès à l’eau est désormais une question de « survie » pour des millions de personnes vivant dans des zones de conflit à travers le monde.

Dans un communiqué, Giller Carbonnier, vice-président du CICR, a déclaré que l’accès à l’eau « est devenu l’un des principaux défis humanitaires », étant donné que les conflits ont désormais tendance à être de longue durée et à se dérouler dans des contextes urbains, un problème aggravé par l’impact du changement climatique.

Pour cette raison, il a souligné qu’il est nécessaire « d’innover et de s’engager dans de nouveaux partenariats pour répondre à ce défi ». En plus de devoir faire face aux effets de la violence armée, la population souffre de la détérioration des services essentiels. En Syrie, par exemple, plus de dix ans de conflit ont gravement affecté la production d’eau potable, qui a été réduite de 30 à 40 %.

« L’urbanisation de la guerre est une tendance grave, comme on peut le voir en Ukraine », a-t-il averti, avant d’évoquer la situation dans des zones telles que Marioupol, où les habitants ont été pris au piège par de violents combats. Sans eau courante, beaucoup ont dû boire de l’eau de neige bouillie ou de l’eau provenant des radiateurs.

Le CICR a ainsi mis en garde contre le fait que lorsque la guerre se déplace dans les zones urbaines, le risque d’endommager ou de détruire des infrastructures civiles essentielles est multiplié, en particulier lorsque des armes explosives ayant une grande surface d’impact sont utilisées. Il a appelé les parties à éviter l’utilisation de ces armes dans les zones peuplées en raison de la forte probabilité d’effets indiscriminés, qui sont contraires au droit international.

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À cet égard, il a regretté qu’à certaines occasions, les parties au conflit prennent le contrôle de l’eau et des ressources agricoles. « Restreindre l’accès à l’eau comme tactique de guerre, ou endommager les installations d’approvisionnement en eau, de traitement des eaux usées ou d’alimentation en électricité, a des effets négatifs immédiats et à long terme sur la santé publique de personnes déjà très vulnérables. Le manque d’eau potable est l’une des principales causes des déplacements forcés de population », note le texte.

Sur les vingt-cinq États considérés comme les plus vulnérables et les moins préparés à s’adapter au changement climatique, quatorze sont en proie à des conflits armés. Si l’accès à l’eau n’est jamais, selon le CICR, la cause directe d’un conflit armé, l’absence d’institutions ou de mécanismes capables d’arbitrer les tensions et de gérer équitablement les ressources en eau peut contribuer à définir la dynamique de la violence et altérer profondément le tissu social.

Ainsi, dans la région du Sahel, par exemple, la détérioration et la rareté des ressources, exacerbées par les chocs climatiques, génèrent des tensions entre les communautés pour l’accès aux sources d’eau ainsi qu’aux terres agricoles. Le changement climatique a réduit ces dernières à un rythme inquiétant en raison des effets combinés de la hausse des températures et de la faiblesse des précipitations.

« Il est clair que des investissements publics faibles, voire inexistants, dans les infrastructures publiques contribuent grandement à maintenir des disparités flagrantes et des tensions dangereuses entre les communautés », a déclaré l’organisation, qui insiste sur le fait que le traitement et la distribution de l’eau dans les pays fortement touchés à la fois par le changement climatique et les conflits armés devraient être prioritaires pour désamorcer, voire prévenir, ces tensions.

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PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT

Le CICR estime que la demande mondiale en eau augmentera de 30 % d’ici 2050. En outre, les organisations humanitaires n’ont pas, à elles seules, la capacité de répondre à des besoins toujours croissants.

À cet égard, il a insisté sur le respect du droit international et sur la nécessité de « privilégier et soutenir des partenariats efficaces entre les secteurs afin de garantir la résilience des services de l’eau face aux conflits et à d’autres adversités, notamment le changement climatique ».

À cette fin, il est important, à son tour, de « renforcer l’action et le financement en faveur du climat dans les États fragiles et touchés par des conflits. » « Malgré l’impact disproportionné sur les communautés et leur résilience réduite, l’action climatique dans les États touchés par des conflits a été faible en raison des difficultés à travailler dans des environnements fragiles », a-t-il averti.

« Les États et les agences internationales doivent accroître leur soutien aux mesures d’adaptation et d’anticipation dans les États fragiles, ce qui renforcerait la résilience des populations face au changement climatique », a-t-il souligné, avant d’ajouter que ces pays doivent également veiller à ce que leurs financements atteignent les communautés les plus vulnérables et isolées.

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