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L’Autriche portera devant la CJUE la décision de Bruxelles qui maintient le gaz et le nucléaire comme des investissements « verts »

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Le gouvernement avait déjà qualifié la décision de « myope » et « incompréhensible »

Le Luxembourg exprime également son opposition à la décision et annonce la discussion de « démarches juridiques » avec Vienne

Paris :, 2 (PRESSE EUROPÉENNE)

La ministre autrichienne de la Protection du climat, Leonore Gewessler, a confirmé ce mercredi qu’elle portera devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) la décision de Bruxelles de maintenir le gaz naturel et l’énergie nucléaire dans la classification des investissements « verts ».

Lors d’une conférence de presse, Gewessler a précisé que Vienne commencerait à préparer un recours en annulation à présenter à la CJUE « dans les prochaines semaines », une idée à laquelle le gouvernement luxembourgeois s’est également montré favorable.

La ministre a critiqué la décision de la Commission européenne comme un « programme de lavage vert pour l’énergie nucléaire et le gaz naturel » et a précisé que le chancelier autrichien, Karl Nehammer, la soutenait « en examinant les étapes juridiques ».

Auparavant, le ministre autrichien des Finances, Magnus Brunner, avait déploré cette décision, la qualifiant de « à courte vue » et « incompréhensible ».

En parallèle, il a accusé Bruxelles de « saper ses propres efforts pour protéger le climat » et de « frustrer l’agenda de l’Accord vert », tout en insistant sur le fait que pour Vienne cette décision « n’est ni écologiquement ni économiquement durable ». « Quiconque exigera plus de dettes pour la protection du climat à l’avenir se réveillera avec plus d’énergie nucléaire en Europe », a-t-il ajouté.

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Brunner s’est également inquiété de la réaction des marchés. « Même la Banque européenne d’investissement, dont les États membres détiennent des actions, a déjà clairement indiqué qu’elle n’investirait pas dans l’énergie nucléaire », a-t-il déclaré.

En ce sens, il a averti qu' »il y a une fragmentation du marché et que l’on obtient le contraire de ce qui est nécessaire », ce qui est « extrêmement regrettable pour le développement urgent et nécessaire d’un marché financier vert ».

« En plus de cela, presque tous les États de l’UE, dont la France, l’Allemagne et l’Italie, ont décidément exclu l’énergie nucléaire », a-t-il souligné, avant de remarquer que cette énergie, « bien sûr, sera également exclue du Green Bond autrichien », qui sera diffusé à la fin de l’année, a recueilli le journal autrichien ‘Wiener Zeitung’.

Quant au Luxembourg, le ministre de l’Energie, Claude Turmes, a exprimé son opposition à la décision et a critiqué qu’elle « pousse le greenwashing à l’extrême ». En outre, il a souligné qu’elle « est discutable dans sa forme et absurde dans son contenu », tout en soulignant que « plusieurs commissaires ont voté contre ».

« Le Luxembourg s’y oppose clairement et discutera de nouvelles mesures juridiques avec le gouvernement autrichien », a-t-il souligné, selon le journal local ‘Luxemburger Wort’.

La Commission européenne a confirmé ce mercredi qu’elle maintiendrait l’énergie nucléaire et le gaz naturel dans la classification des investissements « verts » car elle les considère comme nécessaires à la transition vers une énergie propre, classification qu’elle maintient malgré le rejet provoqué par son projet initial parmi ses membres, des conseillers experts et dans des pays comme l’Espagne.

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L’exécutif communautaire part du principe que ni le gaz ni l’énergie nucléaire ne sont des énergies climatiquement neutres, ni renouvelables, mais défend leur rôle d' »activités de transition » pour atteindre l’objectif d’une économie décarbonée en 2050, un concept inclus dans le deuxième paragraphe de la projet présenté.

Face aux réserves de la plateforme d’experts qui a rendu un rapport critique et au rejet de plusieurs pays, dont l’Espagne, Bruxelles défend que l’acte délégué adopté par le Collège des commissaires fixe des « conditions strictes » pour le gaz et l’énergie nucléaire, le temps qui prévoit des sanctions pour les entreprises non conformes. Cependant, elle méconnaît les recommandations des experts de réduire les niveaux d’émission fixés à 270 grammes de CO2/kWh pour les centrales à gaz à 100 grammes de CO2/kWh.

Désormais, un délai de quatre mois est ouvert, prorogeable pour deux autres, après quoi il entrera en vigueur sauf s’il est renversé à la majorité simple du Parlement européen ou à la majorité inverse de 20 pays totalisant au moins 65. % de la population de l’UE. Si la France et l’Allemagne soutiennent le projet, l’Espagne, l’Autriche, le Danemark et le Luxembourg s’y opposent.

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