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La junte militaire birmane fait appel de la validité de la plainte pour génocide contre le peuple Rohingya devant la CIJ.

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Paris :, 21 févr. (DPA/EP) –

La junte militaire qui dirige la Birmanie depuis le coup d’État de février 2020 a fait appel de la validité de la plainte pour génocide déposée par la Gambie, pays à majorité musulmane, devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour persécution contre la minorité musulmane rohingya.

Le gouvernement birman fait valoir que la Gambie n’est pas une partie impliquée et qu’elle ne serait donc pas un acteur valable pour intenter une action en justice. La Gambie fait valoir qu’elle a déposé la plainte au nom de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui ne dispose pas d’une personnalité juridique propre devant la CIJ, la juridiction des Nations unies chargée de régler les différends entre États.

La CIJ a annoncé la tenue d’audiences publiques avant la décision d’admission de l’affaire, qui porteront sur les objections préliminaires soulevées par la Birmanie.

Il y a près de deux ans, la CIJ a donné raison aux plaignants et a ordonné à la Birmanie de prendre des mesures de précaution pour protéger les Rohingyas, même si la dirigeante de l’époque, Aung Sang Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a nié les allégations de génocide devant la Cour.

Suu Kyi est aujourd’hui en détention à la suite du coup d’État. Le gouvernement militaire n’est pas reconnu au niveau international, mais la présidente de la CIJ, Joan Donoghue, a statué que les États, et non les gouvernements, sont les parties concernées par les affaires.

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La Gambie et la Birmanie sont toutes deux signataires de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, adoptée en 1948, qui, en plus d’interdire aux États de commettre un génocide, appelle tous les signataires à prévenir et à punir ce crime.

Les Rohingyas sont une minorité ethnique de confession musulmane concentrée à Rajine. La Birmanie les considère comme des descendants d’immigrants illégaux du Bangladesh et ne les reconnaît pas comme des citoyens, les privant ainsi de leurs droits fondamentaux.

Les persécutions dont ils se disent victimes en Birmanie les ont traditionnellement poussés à se rendre au Bangladesh, où l’on compte plus d’un million de Rohingyas. En août 2017, le gouvernement birman a lancé une campagne militaire en réponse aux attaques des insurgés rohingyas qui ont conduit l’ONU à mettre en garde contre un possible « nettoyage ethnique ».

Par ailleurs, le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a été autorisé à ouvrir une enquête sur les crimes contre l’humanité, en particulier la déportation forcée de 740 000 Rohingyas au Bangladesh.

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