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L’ambassadeur d’Afghanistan aux États-Unis, dans l’incertitude politique après la victoire des talibans, démissionne

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Paris :, 20 févr. (Cinktank.com) –

L’ambassadrice d’Afghanistan aux États-Unis, Adela Raz, a démissionné face aux difficultés diplomatiques posées par la prise de contrôle du pays par les talibans pour exercer un poste auquel elle avait été nommée par le gouvernement que les insurgés ont renversé.

Raz est ainsi devenu le dernier ambassadeur de la défunte République islamique d’Afghanistan, qui a disparu le 15 août avec la conquête de Kaboul par les Talibans et la transformation du pays en émirat. Elle a pris ses fonctions moins de quatre semaines avant la chute de la capitale afghane.

Depuis lors, selon l’ambassadeur adjoint Abdul Hadi Nijrabi, qui a confirmé la démission du diplomate à la chaîne afghane Tolo, le département d’État américain a décidé de minimiser la coordination des activités de l’ancien diplomate afghan aux États-Unis, à tel point que la situation de l’ambassadeur est devenue intenable.

Les documents recueillis par la chaîne afghane montrent néanmoins que la mission afghane aux Etats-Unis pourrait continuer à bénéficier d’une certaine marge d’activité, sans atteindre la paralysie totale, mais avec une portée beaucoup plus réduite.

Bien que l’ambassadeur adjoint ait indiqué que les États-Unis n’autoriseraient l’ambassadrice qu’à travailler à domicile, « mais qu’elle ne pourrait pas mener d’activités politiques, pas plus que le reste des diplomates », les documents recueillis par Tolo indiquent « une possible poursuite de la mission diplomatique dans un format réduit ».

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Ces documents ne fournissent pas de date précise pour cette réduction des effectifs et confirment les propos de l’ambassadeur adjoint concernant la fin du travail des responsables de la mission diplomatique, « à l’exception de l’ambassadeur ».

Les analystes consultés par Tolo News comprennent la démission de l’ambassadeur comme un nouvel épisode du processus de marginalisation internationale que les talibans subissent depuis leur conquête du pays.

« La fermeture des ambassades afghanes crée un fossé entre le gouvernement taliban et le reste du monde », selon l’ancien diplomate Norullah Raghi, « ce qui va créer un énorme problème pour les nouvelles autorités ». Adela Raz est le troisième ambassadeur afghan à quitter son poste depuis la conquête de Kaboul, après les chefs diplomatiques de la Chine et du Turkménistan.

En outre, en raison des sanctions contre le régime des talibans, les responsables de l’ambassade afghane à Washington soulignent que le système financier de la mission est suspendu depuis quatre mois, comme c’est le cas pour le reste des délégations : « Tous les diplomates sont confrontés aux mêmes problèmes », déclare l’ancien conseiller afghan aux États-Unis, Safi Delawar, qui cite en exemple les missions en Iran et en Italie.

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En revanche, le ministère des affaires étrangères des Talibans a tendance à se féliciter de la fermeture des ambassades désignées par le précédent gouvernement du président déchu (et ennemi juré du mouvement) Ashraf Ghani. « C’est quelque chose qui nous plaît, car les ambassades ne sont généralement pas coopératives et nous pensons qu’elles essaient de profiter de notre autorité », explique Walihullah Shahin, expert au Centre d’études stratégiques du ministère.

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