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L’huile de cannabidiol : des études prometteuses, un cadre juridique flottant

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L’huile de cannabidiol a manifestement trouvé son public dans l’Hexagone. Utilisée pour améliorer le cycle du sommeil, soulager les douleurs musculaires ou simplement pour se relaxer, cette substance fait des émules dans les magasins spécialisés dans les produits de bien-être un peu partout en France.

Malgré des études scientifiques prometteuses quant à son potentiel thérapeutique, le CBD évolue toujours dans un cadre juridique flottant.

Huile de cannabidiol : la décision « historique » de la CJUE a changé la donne

Les temps changent ! Il y a encore une petite dizaine d’années, la loi réservait au cannabidiol le même traitement que le cannabis et autres stupéfiants : une interdiction formelle de consommation et de commercialisation. Aujourd’hui, plus de 2 500 magasins spécialisés proposent des produits à base de CBD, avec une gamme très large pour répondre aux attentes des différents profils de clients : l’huile de cannabidiol, les desserts au CBD, les capsules, les boissons énergisantes, les e-liquides pour cigarette électronique et même des aliments au CBD pour animaux domestiques.

Avec un peu plus de 7 millions de consommateurs, le marché français du CBD fait preuve d’un étonnant dynamisme, même en période de crise. A l’origine de la légalisation, une décision historique de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) saisie par la Cour d’appel d’Aix-en-Provence dans le cadre de l’affaire « Kanavape ».

En l’espèce, la CJUE a estimé que l’interdiction du CBD contrevenait au principe de libre circulation des marchandises dans l’UE.

A noter : la CJUE ne retient pas la qualification de « stupéfiant » pour le CBD en raison de sa très faible concentration en tétrahydrocannabinol (THC), substance responsable de l’effet psychoactif ou planant du cannabis. Ainsi, l’huile de cannabidiol à très faible dose de THC (moins de 0,2 %) est librement commercialisée dans l’Hexagone depuis 2019… en théorie.

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L’huile de cannabidiol dans une zone grise juridique

Malgré la décision de la CJUE, les professionnels de la filière du CBD évoluent toujours dans un flou juridique. En effet, une interdiction ministérielle prononcée le 30 décembre 2021 était venue interdire la commercialisation des feuilles et fleurs de cannabidiol pur, quelle que soit leur concentration en THC.

Saisi par des professionnels en colère, le Conseil d’Etat a temporairement suspendu cette interdiction qualifiée de « disproportionnée ». Le Juge des Référés s’alignera en effet sur les motivations de la CJUE. Pour l’heure, l’huile de cannabidiol à moins de 0,2 % de THC est autorisée à la commercialisation en France… jusqu’à nouvel ordre. On en trouve dans les magasins spécialisés, les boutiques en ligne proposant la livraison à domicile et même en grand surface, notamment Carrefour et Monoprix.

L’huile de cannabidiol : des études scientifiques prometteuses

La communauté scientifique a montré un engouement inédit pour le cannabidiol au début des années 2010. Il faut dire que cette substance non psychotrope et non addictive présente des vertus relaxantes, antalgiques et anti-inflammatoires naturelles. Voici une petite synthèse des applications thérapeutiques pressenties pour cette molécule :

  • Une étude réalisée sur 103 patients adultes a démontré le potentiel du cannabidiol à réduire les scores de stress et d’anxiété chez 79,2 % des patients même après l’arrêt de la supplémentation. Par conséquent, plus de deux tiers des patients ont rapporté une amélioration significative de leur sommeil ;
  • Selon une étude réalisée par l’Université James Madison avec une équipe de chercheur de la Canopy Growth Corporation, le cannabidiol permettrait de soulager les douleurs et les troubles de l’humeur qui caractérisent la période menstruelle et prémenstruelle chez certaines femmes ;
  • Selon une étude parue dans The Journal of Endocrinology, le cannabidiol exercerait un effet régulateur adaptogène sur le système thyroïdien. En somme, la substance permettrait de stimuler la fonction thyroïdienne chez les patients souffrant d’hypothyroïdie et de la réduire chez les personnes qui souffrent d’hyperthyroïdie.
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Conscient de ce potentiel thérapeutique, le ministère de la Santé et des Solidarités a lancé une grande expérimentation portant sur plus de 3 000 patients partout en France. Objectif : évaluer la possibilité d’intégrer le CBD à la pharmacopée dans les indications définies par l’Agence nationale de la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), notamment les douleurs associées aux pathologies chroniques lourdes, les symptômes rebelles en oncologie ou encore les formes d’épilepsie qui résistent aux traitements disponibles.

Il reste à noter que l’huile de cannabidiol ainsi que les autres produits de CBD que l’on retrouve dans le commerce n’ont pas de vocation thérapeutique. En effet, leur dosage est plusieurs fois inférieur au dosage médical.

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